Les bilans, un nouvel élan !
- Luc Mathis
- 25 juin 2022
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 juin 2022
Tous les enfants ont un potentiel immense. Et pour certains, ce n'est pas si simple. Ils ont des difficultés inattendues, des blocages anxieux.
On a même parfois l'impression que le système éducatif écrase ce potentiel.
Dans l'association de parents sur la phobie scolaire, nous avons mis en place une feuille de route dont une première étape consiste précisément à cela: réaliser des bilans sur le haut potentiel, les troubles dys, les troubles du spectre autistique, les troubles de l'attention, etc...
Un intérêt des bilans, qui soient réalisés par des psychologues, des psychiatres, ou tout autre personne compétente et formée, est ainsi d’engager un dialogue entre parents, thérapeutes et équipe enseignante. Ce dialogue est facilité car basé sur des éléments factuels. Cela conduit à la mise en place d’ajustements.
A la prise en compte de la spécificité de l’enfant, de son hyper-sensibilité, dans un système scolaire qui manque souvent précisément de cela – d’empathie - ce qui est source de beaucoup de souffrances.
Ceci permet à l’enfant de sentir ses difficultés prises en compte, reconnues. Cela donne un point de départ à l’enfant pour accepter ses différences.
Cela met en mouvement, engage un dialogue, prend en compte les spécificités de votre enfant, ce qui est essentiel.
Il est pourtant important de réaliser que ce travail est en partie artificiel et que en cela, il n'y a pas une "nouvelle identité" qui émerge des bilans.
Nous voulons aussi pointer deux abus parfois liés aux bilans WISC utilisés pour identifier le haut potentiel:
1. Certains centres de bilan semblent avoir un business modèle assez bien rodé. En y allant (dans ces centres qui frisent l'arnaque), vous pouvez être sûr que le résultat du WISC sera positif. Bien sûr lorsqu’on a dépensé sept cents euros : cinq cents euros de test plus deux cents euros de consultation, tout cela non remboursé, le client doit être satisfait. Ce n'est pas la majorité, mais cela vaut le coup de se renseigner...
2. La croyance que l'enfant est fondamentalement physiologiquement différent, et aurait un mode de fonctionnement différent du cerveau: en arborescence. J’ai interrogé des chercheurs en neurosciences, des amis de l’école normale supérieure ou à l’Institut Pasteur, qui m’ont confirmé qu’on a tous un mode de fonctionnement du cerveau en arborescence. Les spécificités, et il y en a probablement, ne sont pas liées à une unicité de fonctionnement. Je souligne cela pour éviter de trop s'identifier aux résultats des bilans.
Pour conclure, je dirais qu'un des grands bénéfices des bilans est de sortir de l'idée que la "phobie scolaire" serait en soi une maladie. Il n’y a pas de causalité établie entre haut potentiel et phobie scolaire. Pourtant, l'ensemble complexe des spécificité de l'enfant et des interactions avec son "écosystème" de vie, et commençant avec lui-même, a parfois besoin d'être analysé, déconstruit, pour pouvoir re-bâtir.
C'est en cela qu'il vraiment utile de faire des bilans, de quantifier pour se diriger vers des problématiques plus spécifiques et avancer vers plus d'empathie et de bienveillance.
Si ces sujets vous intéressent, voici une lecture recommandée pour l'été, le livre de Jasmin Roy.

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